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Publié le 11 septembre 2023 à 8h52

L’album de Rick L’Entourage fait ressentir toutes sortes d’émotions

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Depuis son plus jeune âge, Rick L’Entourage a mis la musique au coeur de son quotidien. Un témoignage de son évolution musicale sinueuse qui a forgé son parcours artistique atypique et son caractère coriace. En effet, sa trajectoire est loin d’être toute tracée car bien avant de faire des battles de rap, il a d’abord investi la guitare à fond. On le retrouve dans le groupe de métal Hate for Hate, où en tant que chanteur, il produit un premier album : Path of reflexion. Son genre de prédilection était alors le punk rock ou le hard métal. Une vie à la dure qui s’entend dans ses textes et sa voix. 


On comprend rapidement pourquoi sa musique a autant de vécu. Elle prend sa source dans cet esprit punk qui ne l’a jamais quitté, ce qu’il n’hésite pas à revendiquer : « J’ai un bagage lourd d’expériences qui ont forgé l’homme que je suis aujourd’hui. A l’âge de 16 ans, j’ai vécu dans la rue. J’ai dormi dehors pendant 3 mois, pendant l’hiver, à des températures de -35 degrés ». Son goût pour le rap s’est enrichi progressivement à l’écoute de pointures de l’époque : « J’ai connu le rap en 1998 plus précisément avec Arsenic, Mobb Deep, IAM et Otages, qui sont mes influences depuis toujours. Shurik’n d’IAM est mon rappeur préféré. Si vous voulez en savoir plus sur ma vie et mes débuts, écoutez la chanson le Cycle sur l’album Trainée de poudre de Moh Otages ».

 

JDHH a eu l’opportunité d’écouter en exclusivité son tout premier album solo « Parce qu’il le fallait », un projet complet 12 titres où Rick L’Entourage fait du rap à l’ancienne son moyen d’expression. Le rap parfois abrupt qu’il dégaine prend toute sa force dans sa vigueur d’interprétation. Une image s’inscrit alors dans notre psyché : on l’imagine comme un lutteur dans un ring qui n’a que le rap comme arme. Ses refrains savent être efficaces comme dans « Monte dans le Ring » où les paroles sont aussi directes qu’un crochet bien placé. Dans « Get it right », un de nos morceaux préférés en feat avec Vinny Rebel, Rick nous rend nostalgique avec une instru bien calibrée à la mode des années 90 comme on l’entend rarement de nos jours. Un parti pris qui colore l’ensemble de l’opus. Les scratchings et la simplicité de l’instru satisferont l’oreille tout comme nos souvenirs qui sont convoqués.  

La qualité de ces instrumentales est une constante tout au long de cet album à la tonalité sombre, la marque de fabrique du rappeur. Destin tragique comme tant d’autres en atteste. Rick y rappe l’horrible descente aux enfers d’un personnage fictif.  Et il n’hésite pas à dénoncer certains problèmes sociaux dans « Faim de Liberté » en feat avec Moh avec qui il avait travaillé à plusieurs reprises composant nombre de ses sons. Son rap, en hommage aux thématiques abordées dans le rap engagé d’avant, se veut conscient, à l’instar de « Militant » ou encore de « Le monde de Demain », une critique acerbe de la tournure actuelle que prend le monde d’après Rick.

 

Capitalisme, politique, tout y passe. Notons les belles intro issues de films qui sont placées en guise d’accroche au début de plusieurs sons de l’opus, qui rappellent la mode des sons old school. C’est donc un rendez-vous à ne pas manquer pour la sortie de « Parce qu’il fallait ». 

Mais Rick ne s’arrêtera pas après cet album: « je travaille sur un autre album à la guitare mais ce n’est qu’un embryon pour l’instant par manque d’effectif et de temps ». 


Coups de coeur

•Faim de liberté 

•Le monde de demain

•Get it right

•Monte dans le ring

 



« Parce qu’il le fallait » sera disponible cet automne sur toutes les plateformes numériques.

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