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Publié le 22 janvier 2026 à 17h33

Jay L’intru, un talent brut venu de Rosemont

Après la sortie de Alter Ego #1 en avril 2025, Jay L’intru confirme avec son nouvel EP Alter Ego #2, sorti seulement huit mois plus tard, en décembre 2025, qu’il ne se contente pas de répéter la même formule.

Encore méconnu du grand public, ce rappeur québécois est en pleine exploration, et son flow et son énergie captivent dès la première écoute.

Lors de notre entrevue exclusive, on comprend que ses ambitions ne sont pas déconnectées de ce qu’il propose dans ses enregistrements : elles sont forgées à Rosemont et portées avec une volonté sans compromis, présente dans chacun des morceaux du EP.

De « Balade » à « Probablement The One », la réalité de la vie et de la rue cohabite avec son désir de se dépasser, parce qu’il sait qu’il vient de loin.

Jay L’intru ne joue pas au rappeur : il l’est.

 

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Le titre « Alter Ego », ça représente quoi pour toi ?

C’est simple : pour moi, le rap game, c’est comme un sport. Tu ne peux pas jouer si tu ne penses pas faire partie des meilleurs. Alter Ego #1 représente mon côté plus égoïste et compétitif, puis Alter Ego #2 représente mon côté plus humble.

 

Entre Alter Ego #1 et Alter Ego #2, qu’est-ce qui a le plus évolué dans ta musique ?

En fait, les deux projets ont été créés la même année. Je crois que ce qui fait la différence entre les deux, c’est que mon ingénieur et moi avons développé une bonne chimie après Alter Ego #1. Sur le #2, toutes les prods ainsi que le mix et le master ont été faits par lui. Shout out à Neb et à TGS Studios.

 

 

Quel est le morceau le plus intime ou vulnérable de l’EP pour toi, et pourquoi ?

Hmmm, pas le choix de dire « Probablement the One ». C’est le parfait exemple de qui je suis dans la vraie vie : ambitieux, baveux parfois, égoïste, mais en même temps très humble et réaliste.

 

Tu as invité Maniakc sur « Plus de Zéros ». Comment cette collaboration est-elle née et, selon toi, qu’est-ce qu’il apporte au morceau ?

Maniakc, c’est un poète à l’état pur. Ce gars-là te sort un hook ou une mélodie en un rien de temps. C’est un brother from another mother. On a grandi ensemble dans Rosemont, on a du vécu. C’est l’une des personnes qui m’a fait commencer à rapper, on se pousse l’un l’autre à toujours faire mieux. D’ailleurs, mon premier EP officiel, « Première Impression », était en collaboration avec lui. Gros shout out au frérot.

 

Tu es de Rosemont à Montréal. Est-ce que le quartier ou la ville influencent encore tes textes ?

Aaaaaaah Rosemont–La Petite-Patrie… c’est l’amour de ma vie. C’est là que j’ai appris à être un homme, c’est le quartier qui m’a forgé. Rosemont va toujours avoir une influence sur ma musique et, en plus, c’est rempli de talent là-bas.

« Je sais pas où je m’en vais, mais j’oublierai jamais d’où je viens. »

Quote me on that.

 

As-tu un rituel ou une habitude particulière avant de rentrer en studio ou d’écrire une chanson ?

Hahaha, non pas vraiment. Ce qui est important pour moi quand j’arrive au studio, c’est de me sentir comme chez moi. Que ce soit chez Toosik pour un projet avec Maniakc ou chez TGS Studios avec mon ingé Neb, les deux m’offrent cet environnement.

 

Y a-t-il un morceau de l’EP que tu considères comme ton préféré pour des raisons personnelles ?

Je crois que mon préféré, c’est « Plus rien de vrai », parce que je trouve que ça reflète bien la société malade d’aujourd’hui. L’avarice a pris le contrôle, les gens sont de moins en moins humains et c’est de plus en plus dur de faire confiance. En plus, j’ai la chance d’avoir la voix de la petite fille de Maniakc sur la track, et elle est tellement cute.

 

Quel message aimerais-tu que les auditeurs retiennent après avoir écouté tes projets ?

Les gens qui me connaissent dans la vraie vie le savent : je suis un homme simple. Je fais de la musique pour que les gens puissent viber quand ça ne va pas bien, pour les motiver à foncer dans la vie ou même juste pour passer à travers la journée. Le message le plus important que je veux envoyer, surtout aux jeunes, c’est que même si ça a l’air cool la rue, les gangs ou la fast life, au bout de la ligne, il n’y a jamais rien de bon là-dedans. Scrappe pas ta vie, jeune frère.

 

Y a-t-il des artistes de la scène locale avec qui tu n’as pas encore collaboré, mais que tu admires et avec qui tu aimerais travailler ?

Côté collabs, je vais toujours prioriser les frérots de Rosemont. Je travaille sur quelques collaborations plus underground, mais pour vrai, la liste de collabs que j’aimerais faire est longue. Dans mon top, je dirais Larry, Tel Kel, Farf, Ô-lit, Loud… mais pour vrai de vrai, donne-moi une collab avec Rymz et je vais te dire que j’ai made it.

 

Pour 2026, est-ce qu’il y a un Alter Ego #3 en tête ou vas-tu explorer autre chose après Alter Ego #2 ?

Alter Ego, c’étaient des projets pour me présenter au rap game. J’avais envie de livrer quelque chose de solide, qui pourra se faire découvrir et redécouvrir encore et encore sans que ça sonne dépassé. En 2026, je pense me concentrer sur des vidéoclips, ma visibilité et quelques collaborations. Entre-temps, je construis mon premier album. Un artiste n’arrête jamais de créer.

 

 

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Pour écouter « Alter ego #2 », cliquez ici 

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Tags : Jay L’intru