Couet Couet : « La musique n’a pas de frontières, ça n’a pas de handicap. »
Après plusieurs années loin de la scène musicale, Couet Couet revient avec un projet qui représente bien plus qu’un simple retour : une renaissance. Connue d’abord grâce à un personnage marquant créé sur GTA RP, l’artiste a progressivement dévoilé la personne derrière ce personnage, transformant son vécu, ses épreuves et ses réflexions en musique.
Son parcours est loin d’être conventionnel. Entre son implication dans le milieu communautaire, son expérience comme intervenante, les défis liés à sa paraplégie et les périodes difficiles qu’elle a traversées, Couet Couet a développé une vision artistique profondément humaine. Aujourd’hui, elle utilise le rap pour transmettre un message d’espoir à ceux qui cherchent eux aussi à avancer malgré les obstacles.
Avec son nouvel album, disponible depuis le 23 mai, elle ouvre une nouvelle page de son parcours artistique. Présenté sous un format particulier, le projet est offert à travers des chansons disponibles individuellement sur Spotify plutôt que regroupées dans un seul album traditionnel. À travers ces morceaux, elle aborde ses pensées les plus profondes, ses craintes, ses expériences et sa volonté de laisser une trace. Pour elle, la musique appartient à tout le monde, sans frontières ni limites.
Au-delà de son rôle de rappeuse, Couet Couet développe également son côté entrepreneurial en s’impliquant dans sa propre structure, son agence promotionnelle et artistique nommée B4DZ Médias.
Pour célébrer l’évolution de B4DZ en compagnie de disque et maison de distribution, son organisation a lancé un grand concours intitulé « Expose ton talent ». La première audition s’est tenue en direct, le jeudi 9 juillet à 20 h, tandis que la grande finale est d’ores et déjà fixée au 26 septembre. À l’issue de cet événement, l’artiste grand gagnant remportera une récompense majeure, à savoir la prise en charge complète de ses services par B4DZ Médias pendant une période de 6 mois. De plus, une opportunité unique lui sera offerte, puisque cet artiste rejoindra officiellement le jury pour siéger aux côtés de la légende Sans Pression lors de la grande finale.
Couet Couet a également dévoilé en avril dernier son tout premier clip, « Shot », un morceau qui marque son retour sur la scène musicale et qui a déjà récolté des milliers de visionnements.
Elle a aussi collaboré avec Sans Pression sur le récent morceau « Juste une autre fois », dont le single a également cumulé des milliers d’écoute.
Dans cette entrevue, elle revient sur son cheminement créatif, son identité artistique et la force qui l’a poussée à continuer de croire en ses rêves.

Qu’est-ce que le nom Couet Couet représente pour toi aujourd’hui, et comment est-ce que tu définirais ton identité artistique en 2026 ?
Le nom Couet Couet, à la base, c’était un personnage RP que je jouais sur GTA RP, pis c’est vraiment ça qui m’a fait connaître. C’était un personnage un peu flyé, quelqu’un qui avait peur de rien, qui fonçait dans la vie sans réfléchir. Il avait aussi un handicap au niveau du langage, pis j’ai joué avec ça.
Le monde a embarqué, pis à force de l’utiliser, le nom est resté. Aujourd’hui, tout le monde m’appelle comme ça.
Avec le temps, les gens ont appris à me connaître derrière le personnage. Ça m’a permis de me libérer, d’extérioriser tout ce que j’avais en dedans. J’ai un vécu qui est pas banal, pis dans ma musique, je parle de ce que j’ai vu, de ce que j’ai entendu, de ce qui m’a marquée. J’essaie aussi de transmettre de l’espoir au monde, en leur donnant une partie de ce que moi je ressens.
En 2026, mon identité artistique, c’est quelqu’un de vrai, qui transforme son vécu en musique.
Tu es active en musique et en création depuis longtemps : qu’est-ce qui t’a donné envie de t’exprimer par le rap au départ ?
Au début, le rap, c’était vraiment un moyen de me vider la tête. J’avais besoin de sortir ce que je vivais, pis j’avais pas toujours les mots dans la vraie vie. La musique, ça m’a donné une voix.
Avec le temps, c’est devenu plus que ça : une façon de transformer ce que je vivais en quelque chose de puissant.
Quel est le message principal que tu veux transmettre à travers ta musique ?
Le message que je veux passer, c’est que peu importe d’où tu viens, ce que t’as vécu, comment t’es fait, même physiquement… si tu veux quelque chose, va le chercher pis travaille pour.
La musique, ça n’a pas de frontières, ça n’a pas de handicap, ça n’a pas de différences. C’est universel, pis ça appartient à tout le monde.
Tu as déjà été impliquée dans le milieu communautaire et l’intervention. Qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans ce rôle d’intervenante ?
Ce qui m’a le plus marquée dans le communautaire, c’est de voir à quel point il y a de la compétition entre les organismes. Au Québec, le monde se bat pour des subventions, pis ça vient affecter les services.
Mon but, ça a toujours été de nourrir le monde, de sortir les gens de la faim. Mais souvent, les gens vivent de la honte à demander de l’aide… pis en plus, ils se font poser plein de questions, comme s’il fallait qu’ils prouvent qu’ils en ont besoin, pour finalement recevoir le strict minimum.
Ça, c’est mon opinion personnelle. Moi, avec mon organisme, je voulais faire les choses autrement : pas juste donner à manger, mais permettre au monde de vivre un bon moment, manger avec dignité, sans se sentir jugé.
Ton album est sorti depuis le 23 mai : comment résumerais-tu ce projet en une phrase ?
J’ai pris une grosse pause de musique pendant environ huit ans. Cet album-là, pour moi, c’est vraiment une renaissance.
C’est un nouveau style, un nouveau vibe, une nouvelle façon de voir les choses, une nouvelle approche. Mais surtout, c’est une liberté. Aujourd’hui, je travaille plus comme intervenante, fait que je peux enfin m’exprimer sans me censurer, sans me sentir jugée par le milieu.
Dans cet album-là, je parle de mes pensées les plus profondes, de mes peurs, de mes craintes, puis aussi de réflexions sur certains sujets comme l’alcool pis les conséquences de l’alcoolisme.
Quel a été ton processus créatif pour ce projet ?
Ma création musicale est assez instinctive. J’écris beaucoup avec mes émotions.
Je suis quelqu’un qui s’inspire énormément des instrumentales. C’est le beat qui me guide, qui me dit où aller. Je fais beaucoup de freestyle au début, je me laisse aller sur l’instrumental, pis après ça, je travaille mes textes en fonction du flow que j’ai trouvé.
Tu vis avec une paraplégie : qu’est-ce qui t’aide à garder une énergie positive et à aller de l’avant malgré les défis ?
Vivre avec un handicap, c’est pas facile, surtout sur les réseaux sociaux où la méchanceté est gratuite. Le monde peut faire du body shaming, te discriminer, utiliser tes faiblesses pour t’atteindre.
Moi, j’ai toujours vécu avec ça. Est-ce que je l’accepte? Non. Je pense que je l’accepterai jamais complètement. Mais j’ai appris à faire avec.
Malgré ça, j’ai développé autre chose : mon côté intellectuel. J’ai étudié, j’ai lu énormément, je me suis informée. Je suis quelqu’un de cultivé, qui aime apprendre, que ce soit en musique québécoise, en hip-hop ou dans plein d’autres domaines.
Tu as traversé des périodes difficiles, notamment dans la rue par le passé : qu’est-ce que ces étapes ont changé dans ta façon de voir le monde ?
Oui, j’ai connu la rue il y a plusieurs années. Ça m’a changée, ça m’a forgée.
J’ai rencontré du monde qui, comme moi, souffraient en dedans pis cherchaient leur place dans un monde qui est pas toujours adapté. Ça m’a appris à me connaître, à tester mes limites.
Mais ça a aussi impliqué des périodes de consommation. À un moment donné, j’ai décidé d’arrêter, de reprendre ma vie en main, de retourner aux études en éducation spécialisée. Ça m’a permis de mieux me comprendre pis d’avancer à travers tout ça.
Sur des plateformes comme TikTok, tu gardes un contact assez direct et humain avec tes abonnés. Comment tu gères cette proximité, et où tu traces la ligne entre partage personnel et vie privée ?
Sur TikTok, j’ai réussi à bâtir quelque chose de solide. Pour moi, c’est pas juste une communauté, c’est une famille, les B4DZ.
On est environ 160 personnes actives, pis ces gens-là me connaissent pour qui je suis, pas juste pour une image. Ils écoutent ma musique, ils m’encouragent, pis honnêtement, sans eux, j’aurais pas la même force pour continuer.
Avec ton album sorti le 23 mai, qu’est-ce que tu espères que les gens retiennent de toi et de ton travail en t’écoutant ?
Pour le futur, j’veux juste réaliser mon rêve : faire des shows, être reconnue pour ma musique, pas juste pour être une rappeuse en fauteuil roulant.
Je veux laisser ma trace. Si un jour je suis plus là, j’veux que le monde se souvienne de moi comme quelqu’un de battant, quelqu’un qui a livré une musique vraie, qui parlait de la réalité d’aujourd’hui. Je souhaite inspirer les jeunes différents à réaliser leurs rêves.
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Pour visionner le clip « Shot », cliquez ici












































































